Hunter « Patch » Adams est un médecin américain, clown et militant pour la paix né en 1945 (et toujours fringant et pétulant, le bougre), à l’origine de la risothérapie (une technique de psychothérapie qui emploie le rire pour apaiser les symptômes de maladies) et connu pour avoir été interprété en 1998 par Robin Williams dans le film biographique Docteur Patch.

Adolescent, placé dans une école de Virginie « réservée aux Blancs », il s’est oppose au racisme et à la ségrégation qui régnaient dans la mentalité de ses camarades et est devenu la cible de brimades qui lui ont valu d’avoir des pensées suicidaires (« je ne voulais pas vivre dans un monde aussi violent et injuste ») et d’effectuer trois séjours à l’hôpital psychiatrique en 1 an. C’est durant son dernier séjour, lors duquel il s’est lié d’affection pour un patient atteint de troubles psychiatriques qu’il a soutenu et aidé fraternellement, qu’il a décidé d’étudier la médecine pour aider les autres avec une approche plus humaine. « Tu ne te suicides pas, idiot, tu fais la révolution ! »
À sa sortie de l’hôpital, il s’est mis à faire le clown en public (ce qu’il a fait quotidiennement depuis jusqu’à aujourd’hui) avant de se mettre à étancher sa soif de connaissances en ingurgitant des milliers de livres « pour devenir un instrument de paix, de justice et de bienveillance ».
Pendant ses études, il a développé et expérimenté une vision révolutionnaire de la médecine basée sur un autre mode de relations médecin-patient, qui malmenait quelque peu l’image du médecin conventionnel ainsi que les approches et la rigueur des protocoles d’alors. Ce qui lui aura valu non seulement la perplexité mais aussi, parfois, l’opposition du corps médical.
Son doctorat en poche en 1971, Patch Adams a aussitôt fondé (avec sa femme et leurs amis) « l’hôpital pour tous » de ses rêves : l’Institut Gesundheit (« Santé »). Une maison communautaire composée de chambres et d’une équipe médicale, qui a vu traités des milliers de patients, mais qui a du arrêter d’exercer faute de financements en 1984.
Depuis, l’Institut Gesundheit, devenu un organisme à but non lucratif, se consacre à la récolte de fonds pour soutenir et financer de nombreuses initiatives et projets en rapport avec le rêve de Patch.
Avec l’institut, il a créé et donné 50 présentations dans 70 pays, donné des conférences dans 90 facultés de médecine aux États-Unis et dans bien d’autres à travers le monde. Il a formé des groupes de clowns et organisé des « voyages de clowns » aux quatre coins du monde dans des hôpitaux, des orphelinats, des maisons de retraite, dans les rues, dans des zones de guerre, des camps de réfugiés et des sites de catastrophes naturelles… Il a également fait construire des cliniques et des écoles dans certains des endroits où ils se sont rendus.
« Je participe à six ou sept de ces voyages par an. C’est le travail de guérison le plus agréable que je puisse faire en attendant l’hôpital. »
En 2011, l’institut a débuté la construction d’un grand centre d’enseignement en Virginie-Occidentale. « Ce centre nous permettra de revoir des patients et de proposer un espace pour enseigner notre conception des systèmes de santé. »
Patch Adams a reçu le prix Peace Abbey Courage of Conscience le 29 janvier 1997 et il continue, entre plein d’autres initiatives, à faire le pitre.
S’il est difficile de savoir s’il est chronologiquement à l’origine des « clowns hospitaliers », on lui doit néanmoins, en plus de toutes ses actions et initiatives, d’avoir motivé des milliers de professionnels à revoir leur approche de la médecine en reconnaissant la valeur du rire et de la compassion dans les processus de guérison.

(Sources : Patch Adams lui-même, Wikipedia, Sympa et Mes Plaisirs)

Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !